La mosquée du sultan Hassan compte parmi les mosquées historiques les plus célèbres du Caire ; elle est considérée comme le joyau de l'architecture islamique en Orient et incarne l'apogée de l'architecture mamelouke, tandis que sa madrasa figure parmi les plus importantes construites à l'époque islamique. Cette madrasa a revêtu une importance considérable dans l'histoire. Certains historiens ont d'ailleurs mentionné qu'elle comptait parmi les écoles savantes les plus réputées, allant jusqu'à dire : « On ne connaît aucun pays de l'Islam, ni aucun lieu de culte musulman, qui puisse rivaliser avec cette madrasa en termes de grandeur et de beauté architecturale. »
Située dans le quartier de la Citadelle au Caire, cette mosquée se distingue par une architecture alliant la puissance et la grandeur de la construction à la finesse de ses magnifiques décorations. De nombreux historiens, archéologues et peintres de renommée mondiale ont salué sa construction et la splendeur de son design. Sa construction a débuté sous le règne du sultan al-Nasir Hassan ibn Muhammad Qalawun, sultan mamelouk, en mars 1357, et les travaux se sont poursuivis sans interruption pendant trois ans. Al-Nasir Hassan est décédé avant l’achèvement de la construction, qui a été achevée par l’émir Bashir Agha en 1363. De nombreuses sources ont évoqué la beauté de son architecture et la précision de ses conceptions, mais ce qui attire le plus l'attention dans ce chef-d'œuvre architectural, ce sont les rôles sociaux et les services civils qui lui ont été confiés, ainsi que la contribution de ses activités à la diffusion des valeurs de tolérance au sein de la société.
Cette mosquée a en effet eu de nombreux bienfaits sociaux, parmi lesquels :
- L'intérêt scientifique
- La présence d'une immense bibliothèque : la bibliothèque de la mosquée du sultan Hassan comprenait un nombre considérable de Corans, d'ouvrages sur les hadiths et la jurisprudence, ainsi que d'autres disciplines scientifiques. Al-Maqrizi mentionne que ses livres – à l’exception des Corans – représentaient dix charges, ce qui constituait un nombre considérable à l’époque. Le grand public utilisait les Corans pour la récitation du Coran, tandis que les étudiants en sciences religieuses tiraient profit de ces ouvrages, alors difficiles à se procurer.
- La présence de quatre écoles savantes : ces écoles comptaient des enseignants, des surveillants et des étudiants, qui percevaient des salaires, tandis que les étudiants, en particulier les orphelins, recevaient des bourses d’études. Il ne fait aucun doute que cela a joué un rôle social important dans la prise en charge des enseignants et de l’éducation elle-même, et a permis aux pauvres et aux plus démunis d’accéder à une éducation de qualité. Hassan Abdel Wahab écrit dans son ouvrage « Histoire des mosquées historiques » : « Le sultan Hassan a désigné des enseignants et des surveillants pour les écoles des quatre écoles de droit, leur a fixé des salaires, et a décidé que chaque école aurait un cheikh et cent étudiants, dont vingt-cinq étudiants avancés et trois assistants par groupe. »
2- Les bienfaits médicaux
Parmi les bienfaits sociaux de la mosquée du sultan Hassan figurent également les bienfaits médicaux et thérapeutiques ; le sultan avait en effet nommé trois médecins, dont l'un était interniste et l'autre ophtalmologue, qui se rendaient chaque jour à la mosquée pour soigner les employés et les étudiants qui en avaient besoin, ainsi qu'un chirurgien.